Où est le marché dur ?

Vous vous demandez pourquoi votre prime a augmenté de 30 % cette année? Voici l’explication : on dit du marché de l’assurance qu’il est dur quand les primes sont à la hausse et que l’appétit des assureurs à prendre de nouveaux risques diminue. L’assurance étant un secteur historiquement cyclique, il passe par des périodes de marché dur et de marché mou. Les 4-5 dernières années ont été caractérisées par un marché très compétitif particulièrement au niveau de l’assurance des entreprises. Il n’était pas rare d’avoir des diminutions de 30% ou même 50 % dans certains secteurs d’activité. Avec une baisse de la rentabilité de certains assureurs et la diminution de la capacité sur le marché, tout le monde s’attendait à voir une augmentation significative des primes d’assurance pour 2009.

Or ce marché dur commence à ressembler de plus en plus au Yéti, tout le monde en parle, mais personne ne l’a vu! Sans être aussi compétitif qu’il y a quelques années, nous ne voyons pas de hausse de prime aussi importante qu’envisagé et même encore des diminutions substantielles pour certains assurés.

Alors pourquoi les primes ne montent-elles pas ? Je vais tenter quelques explications : avec l’augmentation des moyens informatiques, les assureurs sont capables d’isoler précisément les secteurs non rentables de leurs portes-feuilles. Ils n’ont donc plus besoin d’augmenter leurs taux de façon large pour atteindre la rentabilité.  Au lieu de couper à la tronçonneuse, ils peuvent faire des interventions chirurgicales dans certains segments d’affaires. Un exemple est le marché des syndicats de condo qui est de plus en plus difficile parce que les assureurs ont à peu près tous perdu de l’argent à cause des dégâts d’eau. La plupart ont donc revu leurs souscriptions et certains territoires ou types de construction ont connu des hausses substantielles tandis que d’autres n’ont presque pas été touchés.

De plus, nous pouvons aussi voir que malgré que certaines compagnies d’assurance perdent de l’argent, d’autres assureurs majeurs comme Desjardins ou Axa n’ont pas franchi la ligne rouge. Alors, il est plutôt hasardeux pour les autres assureurs d’augmenter leurs primes en sachant que les plus gros joueurs sur le marché ne suivront pas. Les assureurs qui augmenteraient leur prime sans que les autres le fassent verraient leur volume fondre comme neige au soleil particulièrement dans un marché canadien encore dominé par les courtiers d’assurance.

En conclusion, il n’est pas impossible que nous ayons des augmentations dans les prochaines années. Certains facteurs comme le coût de réassurance pourraient avoir un effet sur les primes. Mais à court terme, il semble que tout le monde reste sur ces positions et surveille le Yéti !

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