Les 10 travaux des assureurs à courtiers

Le métier de courtier d’assurance offre un point de vue unique sur notre industrie parce que nous devons travailler avec une multitude d’assureurs. Nous sommes donc bien placés pour voir les forces et faiblesses de chacun et de notre secteur général. Les publications spécialisées de notre domaine regorgent souvent de conseils et de critiques pour les courtiers, mais assez peu pour les compagnies d’assurance qui transigent avec nous exclusivement. Nous allons donc faire différemment et en ce début 2010, voici mes 10 travaux pour les assureurs à courtier.

  • Technologie

 L’utilisation des technologies va de passable à honteuse selon la compagnie d’assurance. Beaucoup de gens seraient surpris de voir que certaines interfaces d’utilisateur sont encore en DOS à lettrage vert sur fond noir. Nous sommes quand même en 2010 soit 15 après Windows 95… Ce sous-investissement en technologie de l’information a eu pour conséquence directe le naufrage de projets comme la Centrale du RCCAQ et le portail du CEPA. L’autre répercussion est que plusieurs courtiers ont dû diminuer le nombre d’assureurs avec qui ils transigent parce qu’il devient trop complexe de gérer plusieurs logiciels ou extranet. Nous voyons plusieurs signes encourageants, mais il reste un énorme rattrapage à faire à ce niveau.

Chantier #1 : Il doit y avoir un investissement massif et rapide dans les technologies de l’information afin de rendre les processus beaucoup plus productifs. Ces systèmes doivent avoir des interfaces conviviales et être en mesure de communiquer avec différentes plates formes.

Malheureusement, c’est à peine mieux au niveau de la présence web. Certains assureurs qui brassent des centaines de millions de primes d’assurance au Québec n’ont pas de site web ! D’autres ont des pages web qui sont plus adéquates, mais qui manquent cruellement de mise à jour et d’interactivité. Si on compare avec des compagnies américaines comme Progressive ou Geico qui ont leurs propres applications Iphone, il y a certainement des retards à rattraper.

Chantier #2 : Il est impensable pour une entreprise de la moindre importance de ne pas avoir une présence web digne de ce nom en 2010. Il faut que chaque assureur affiche une présence internet de qualité et un site avec de fréquentes mises à jour. Les assurés vont maintenant voir les sites web de leurs assureurs pour avoir de l’information, ils doivent donc être à la hauteur. Il doit être possible pour les clients de gérer et de voir leurs polices d’assurance sur le web.

  •  Marketing

Historiquement, les assureurs se sont souvent déchargés de leurs responsabilités au niveau marketing sur les courtiers d’assurance. Malheureusement, ils ont par le fait même négligé la notoriété de leurs marques avec pour résultat que des assureurs d’envergure ne sont pas connus si on les compare avec Bélair, Meloche Monnex ou la Capitale. Une bonne notoriété fait qu’il est beaucoup plus facile de vendre les produits de cet assureur et le client sera plus réticent à changer d’assureur si le sien a une excellente réputation. Cela a aussi eu pour effet que les marques les plus connues actuellement en assurance sont maintenant celles des assureurs directs.

Chantier #3 : Il faut que les assureurs débloquent des budgets importants afin d’améliorer leurs notoriétés, cela peut être fait en simultanée avec les courtiers d’assurance pour que ce mode de distribution soit plus visible.

Les assureurs à courtier ont malheureusement tendance à être moins innovateurs que les assureurs directs pour le développement de produits. Comme dans tous les domaines, les polices d’assurance doivent évoluer et changer selon les besoins des clients et les nouveaux exposés. Par exemple, il y a de plus en plus de dégâts d’eau et les contrats d’assurance ont été modifiés pour tenir compte de ce fait. De plus, les produits et les couvertures peuvent être adaptés selon la clientèle visée. Certains assureurs comme Axa avec la FADOQ ou AssurElle ont des produits sur mesure pour une clientèle précise, mais il faudrait qu’il y en ait plus et que leurs lancements soient accompagnés d’un effort marketing substantiel.

 Chantier #4 : Développer des programmes d’assurance innovateurs et des polices nichées pour certains segments de marché. Il doit y avoir plus de produits pour les familles, les jeunes conducteurs, les travailleurs autonomes ou les baby-boomers.

  • Souscription

Il est ahurissant de constater que certains assureurs ont d’ambitieuses visées de croissance, mais n’ont malheureusement pas une tarification pour réaliser leurs objectifs. De plus, les compagnies d’assurance ont souvent tendance à être toutes compétitives pour certains segments de marché tandis que pour d’autres, les primes sont décevantes. Par ailleurs, ils se comparent régulièrement entre eux, mais ils ne regardent pas assez la tarification des assureurs directs contre qui nous bataillons des parts de marchés.

Chantier #5: Être plus compétitif sur la tarification et être plus imaginatif sur les segments de marchés visés.

 L’assurance est un domaine où les procédures et les règles de souscription sont très importantes. Malheureusement, certains assureurs oublient de se mettre dans la peau du client ou du courtier quand ils élaborent des règles ou des procédures.

Par exemple chaque assureur à ses exigences et bonification pour les systèmes de repérage de type Boomerang. Ces règles sont parfois si compliquées que les documents qui les énumèrent font 3 pages uniquement pour savoir si le véhicule ou l’équipement a besoin d’un tel dispositif. Imaginer maintenant que vous multipliez par 10 assureurs qui ont tous des normes différentes et il devient plus difficile de répondre à la question : Est-ce que ma compagnie d’assurance exige un système de repérage pour mon nouveau véhicule ?

Chantier #6 : Avoir des normes de souscription qui tiennent compte de la réalité des clients. Revoir l’ensemble de ses procédures pour les simplifier et diminuer les risques d’erreurs et de confusion.

  • Réclamation

 S’il y a un endroit où il y a toujours place à l’amélioration, c’est bien dans le secteur des réclamations. La plupart des assureurs ont généralement de bons taux de satisfaction au niveau de leurs services de sinistre, mais ils gagneraient à améliorer leur vitesse de réaction. Il y a actuellement une pénurie d’experts en sinistre qui fait que ceux-ci sont souvent débordés et la qualité de l’expérience client s’en ressent. Il est essentiel que l’assuré entre en contact avec son assureur en moins d’une heure pour qu’ils prennent les bonnes décisions

Chantier  #7 : Améliorer les services de réclamation pour donner un service plus rapide

 Quand nous intervenons dans un dossier de réclamation, ce n’est généralement pas parce que ce dossier va bien. Une chose frappe cependant, c’est la lourdeur bureaucratique de certains assureurs. Parfois quelques centaines de dollars de plus permettraient de fermer le dossier et ainsi éviter un aller-retour qui, en fin de compte, coûte encore plus cher que ce que l’assureur a voulu économiser.

Chantier #8 : Donner un plus grand pouvoir décisionnel aux experts en sinistre sur la ligne de feu

  • Ressources humaines

La défunte compagnie La Citadelle avait un programme afin que les nouveaux courtiers puissent visiter durant quelques jours les différents départements de l’entreprise, se familiariser avec les procédures et connaître le personnel. Malheureusement, ce programme a disparu avec cet assureur, mais c’était une très belle occasion pour que la relève puisse avoir une vision globale de notre domaine et puisse se bâtir un réseau de contacts. Ce programme incluait aussi quelques jours avec un préventionniste qui étaient extrêmement enrichissants et utiles.

Chantier #9 : Organiser des stages pour les courtiers qui débutent afin qu’ils se familiarisent avec les différents départements d’un assureur

Pour les mêmes raisons que ci-haut, les souscripteurs dans les programmes de formation chez des assureurs devraient passer une semaine ou deux chez un courtier. Cela leur donnerait une meilleure compréhension des réalités du courtage. Dans certaines compagnies d’assurance, le personnel est aussi vieillissant et il est impératif qu’il y ait un effort de fait pour engager et former des jeunes avant les départs à la retraite.

Chantier #10 : Envoyer les souscripteurs des assureurs chez les courtiers afin de mieux comprendre leurs réalités et recruter de plus en plus de jeunes. Il faudrait aussi que les souscripteurs puissent aller plus souvent sur le terrain.

Apprenez-en plus sur le métier d’assurance dans l’article suivant : https://www.gaudreauassurances.com/fr/blogue/pourquoi-jaime-travailler-en-assurance-2/

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